Retour de l’IPEM Wealth à Cannes : ce que je retiens pour le private equity en 2026
, lundi 9 février 2026
Une édition resserrée, des conférences de bon niveau, la mer en toile de fond. Décidément, l’IPEM Cannes, qui fête ses dix ans, a toujours de nombreux atouts.
2026 : l’horizon s’éclaircit, mais le ciel n’est pas totalement dégagé
Dévoilé devant une salle comble, le Baromètre IPEM Pan-European Private Equity 2026 révèle que 58 % des GPs anticipent une amélioration de l’environnement des affaires en 2026, en Europe comme au niveau mondial, un plus haut depuis cinq ans.
Surtout, 60 % estiment que 2026 constituera un bon environnement pour les cessions, contre 44 % seulement un an plus tôt – mais l’environnement d’exit demeure l’un des principaux risques du secteur, cité par 97 % des répondants.
Exits : le retour du “storytelling” stratégique
Le Baromètre est très clair : le premier levier pour réussir une cession reste l’equity story et le plan de création de valeur, cités par 72 % des gérants, devant la préparation du management (53 %) et la qualité des KPI financiers (46 %).
Dans ce contexte, la communication financière, les RP, le positionnement stratégique et la capacité à raconter une trajectoire cohérente, crédible, et lisible deviennent des outils à part entière de la création de valeur.
Fonds evergreen : la révolution silencieuse qui bouscule les GPs
Autre sujet omniprésent à Cannes : la montée en puissance des fonds evergreen et semi-liquides, qui devraient dépasser, en montants levés, les fonds fermés traditionnels.
Selon le Baromètre, 46 % des GPs identifient ces véhicules comme l’une des transformations majeures de leur business model. De nombreux panels ont tenté d’apporter des éclairages concrets : comment gérer des lancements permanents ? Comment piloter la liquidité, les rachats, la valorisation continue ? Quel avenir pour les fonds fermés ?
Une évolution structurelle, qui impose aussi de nouveaux codes de communication et de pédagogie auprès des investisseurs.
IA : adoption massive, usages encore flous
Sur le papier, l’IA est partout. Dans les faits, son intégration reste inégale. Près de 3 fonds sur 4 ont intégré des outils d’IA, mais quand on creuse les usages, le constat est plus nuancé : si 35 % des sondés l’utilisent en M&A et en due diligence et 29 % pour la gestion de portefeuille, près de 60 % évoquent des “opérations internes”, sans réelle précision sur ce que cela recouvre.
Là encore, l’IA est autant un sujet de transformation qu’un sujet de discours. Entre promesse technologique, réalité opérationnelle et attentes des investisseurs, l’IA devient un thème structurant de communication corporate autant qu’un levier de performance.
Bonus : la Great Wealth Transfer, déjà en toile de fond
En arrière-plan, un sujet monte doucement : la grande transmission de patrimoine entre générations.
D’ici 2040, près de 9 000 Md€ devraient changer de mains en France. Une étape intermédiaire est déjà à l’œuvre : le transfert vers les femmes baby-boomeuses, dont l’espérance de vie est plus longue. Un asset manager international m’a ainsi raconté organiser avec succès des réunions à Londres et Palm Beach autour de l’investissement, exclusivement destinées à ces femmes.
Un mouvement qui va redessiner les attentes en matière d’asset management, de valeurs, de digitalisation, et de communication.
Rendez-vous à l’IPEM Global du 8 au 10 septembre 2026 pour voir si la promesse d’un horizon dégagé s’est transformée en véritable embellie !
