3 questions à Eric Debray, auteur du blog « Entreprises Numériques » @ericdebray. 


Comment êtes-vous devenu influenceur ?

Ingénieur de formation, j’ai toujours travaillé dans l’informatique. Je suis arrivé chez Cisco en 2006, aux débuts du big data et du cloud. Notre enjeu stratégique : passer d’un métier de spécialiste du matériel réseau à celui d’expert du datacenter.

J’ai commencé à écrire sur le blog de Cisco France dès sa création en 2010 avec des articles de vulgarisation. Les articles ont plu, parce qu’ils fournissaient de l’information concise qui en facilitait la compréhension. L’audience s’est rapidement élargie aux clients et à l’écosystème.  Certains journalises y ont trouvé de l’information pertinente et les collaborateurs de Cisco y ont vu le moyen de se tenir à jour facilement. J’écrivais jusqu’à 5 billets par semaine au point qu’on avait pris l’habitude de dire « le blog d’Eric Debray » ! J’ai ensuite utilisé Twitter et Linkedin pour diffuser ces contenus. Aujourd’hui, je conseille des entreprises autour de la transformation numérique et particulièrement sur le contenu rédactionnel pour des blogs et Linkedin. J’interviens également dans des conférences et dans un séminaire marketing Digital à HEC. – sans oublier mon compte Twitter et mon blog « Entreprises numériques ».

Comment se lancer ?

Tout d’abord, il faut être clair sur les objectifs et ne faut pas demander aux réseaux sociaux ce qu’ils ne peuvent pas apporter. Ce sont de formidables outils pour s’informer et créer des relations. Aujourd’hui les équipes marketing poussent les commerciaux à être présents sur les réseaux sociaux pour démultiplier la communication de l’entreprise. Pour que cela soit efficace il vaut mieux leur expliquer ce que cela va leur apporter dans leur quotidien à titre personnel et comment cela va renforcer leur visibilité et leur employabilité. Avec la mode du « social selling » attention à ne pas débarquer brutalement avec la seule intention de vendre. Pour réussir sur les réseaux sociaux il faut faire preuve d’authenticité et d’empathie.

Une arrivée sur les réseaux sociaux se prépare. C’est plus facile avec LinkedIn, où on peut inviter ses propres contacts, que sur Twitter où il faut amorcer la pompe. LinkedIn est souvent vu comme un outil pour chercher du travail, mais cela va beaucoup plus loin !  Linkedin a beaucoup évolué et est devenu une mine d’or en termes de contacts, de renseignements sur les entreprises et d’informations sur l’actualité qui vous concerne. C’est également un excellent vecteur pour créer son propre contenu rédactionnel en son nom propre ou au nom de son entreprise. Je suis d’ailleurs amené à assister des dirigeants d’entreprises pour communiquer sur Linkedin.

Pour développer une communauté, il faut définir ses centres d’intérêts et publier des informations au bon rythme, en restant synthétique, structuré et argumenté. C’est important de trouver au sein de l’entreprise un groupe de gens motivés, intéressés par le sujet, ils vont à leur tour relayer l’information et devenir de véritables ambassadeurs de l’entreprise.

Quels sont vos sujets de prédilection pour 2018 ?

Avec le développement de l’internet des objets (IoT) tout devient intelligent de la voiture à la ville. Cette dépendance à la technologie va renforcer les impératifs de cybersécurité. L’équilibre entre utilisation des technologies, adoption de nouveaux usages, respect de la vie privée seront des enjeux forts en 2018.

On parle beaucoup de personnalisation et d’expérience client mais on devra s’interroger sur la place et le rôle de l’humain dans notre nouvelle société. C’est particulièrement sensible avec l’intelligence artificielle qui alimente les fantasmes. La suprématie de l’intelligence artificielle sur l’homme n’est pas encore pour demain mais on sait que le paysage de l’emploi va être déjà considérablement modifié. Il faut se préparer non pas à être en compétition mais à collaborer avec l’intelligence artificielle. Il faut également saisir cette opportunité pour créer des leaders dans ce domaine qui sera au cœur de nombreux futurs métiers.

Je regarde avec beaucoup d’attention des expériences comme « Amazon Go » : des magasins physiques, où on entre en s’identifiant sur son smartphone ; à l’intérieur, des capteurs et des caméras décèlent les déplacements des produits en rayon et les associent aux clients les ayant placés en panier. A la sortie, des algorithmes calculent l’addition et l’imputent sur les comptes Amazon des clients. Plus de caisses – que vont devenir les caissières ? Avons envie de magasins sans personnel ?

En même temps, de nouveaux besoins vont émerger, pour faire revenir l’humain dans les échanges. Je ne crois pas aux robots avec empathie. Je pense qu’il faut associer l’économie de la data avec la polyvalence, l’agilité intellectuelle, l’intelligence émotionnelle. Les acquis, l’expérience, représentent une vraie valeur ajoutée. Il faut avoir conscience de sa valeur et continuer constamment à la développer.